Ozvision: Un management peu commun dans une culture unique

355725_original

L’entreprise en bref : Ozvision, c’est 50 employés à Tokyo. Ils proposent aux entreprises un service qui leur permet d’installer sur leurs sites un « point back system ». En résumé, cela permet aux consommateurs d’acheter un produit sur ces sites, et de collecter des points pour chaque achat, qu’ils pourront par la suite re-dépenser chez les autres clients d’Ozvision. Cette entreprise Japonaise compte 3000 clients et 160 millions d’utilisateurs.

Ryo, son fondateur et CEO s’est inspiré de nombreux livres pour en tirer des conclusions managériales. Parmi ceux-ci, le livre du Mondialement connu Ricardo Semler, Brésilien, dont l’entreprise SEMCO est fameuse pour ses pratiques managériales innovantes. (Nous la visiterons dans quelques semaines). 

Ozvision est une entreprise Japonaise de services sur Internet, qu’on peut voir citée par F.Laloux dans son livre Reinventing organizations. Il y cite des traditions adoptées par l’entreprise, particulièrement du storytelling. Et pourtant, Rio, CEO de l’entreprise nous confie qu’ils ont abandonné ces traditions, preuve d’évolution du management  et des mentalités.

La première était « good or new » et chaque matin, l’équipe se rassemblait et les membres avaient la parole chacun leur tour. Ils avaient alors l’opportunité de partager quelque chose de « nouveau » (quelque chose de lu dans les journaux, de familial …) ou de « bon » (histoire émouvante qu’ils souhaiteraient partager…). Et pourtant, cette pratique a été   abandonnée. Au cours de notre entretien, Rio nous explique qu’il a fini par penser que cette pratique avait été acceptée par ses collaborateurs mais ils ne se l’étaient pas appropriés. Ainsi, il avait l’impression qu’il forçait ses employés à communiquer contre leur gré. Or la communication étant une pierre angulaire de sa vision du management, elle est censée  être tellement libre et spontanée qu’il n’est pas censé y avoir de moment précis et réguliers destinés au « storytelling ».

« I want them to feel free to communicate »

L’autre pratique dont parlait Frederic Laloux et utilisée  à l’époque chez Ozvision était le « Thanks Day ». Cette journée particulière et annuelle était une journée libre, durant laquelle les employés dépensaient 200$ (offerts par l’enterprise) afin de faire plaisir à un proche. Une journée de gratitude en somme. Cette pratique a peu à peu été abandonnée également, pour plus ou moins la même raison : idéalement, selon Ryo, nous ne devrions pas attendre cette journée annuelle pour passer du temps avec nos proches et leur faire plaisir. Cependant, les avis sont partagés, car certains employés avec lesquels nous avons discuté regrettent le “Thanks day” et appréciaient avoir une journée dédiée, avoir un cadre, un rappel, et le fait  de le faire tous au même moment également. Nous avons donc relancé le débat, et Ryo en rediscutera avec son équipe. Affaire à suivre.

Si Ryo a décidé d’emmener son entreprise vers le “no manager management” c’est d’abord parce que lui même n’apprécie ni de recevoir des ordres, ni d’en donner. Il a donc commencé à mettre en place des outils pour que les équipes soient autonomes. Cependant lorsqu’on lui demandera si son entreprise était avancée sur ce chemin, il nous répondit qu’il n’avait même pas accompli 1% du chemin, les 99% restants devant se faire à l’initiative des collaborateurs. Ryo a d’ailleurs cette autre qualité d’être très éloquent, et use de métaphores à foison. L’émotion qu’on ressent lorsqu’on prend l’avion pour la première fois, est le sentiment qu’il voudrait que ressente chaque employé lorsqu’il vient travailler. Alors, les 100% seraient atteints. 

IMG_3086

FOCUS POINT: L’intrapreunariat chez Ozvision

Ici, les collaborateurs peuvent prendre la décision de développer un nouveau produit ou service… Ainsi, si quelqu’un a une idée, alors il demandera à ses collègues s’ils veulent le rejoindre sur ce projet. Une équipe se montera de cette façon. Il n’est pas question de demander l’assentiment d’un manager. Le seul assentiment dont aura besoin une équipe pour valider son projet, sera celui des consommateurs lorsque le service sera testé par des clients pilotes.

En effet,  Ryo est ses équipes son adeptes du Lean Start-up. Ils font tester chaque innovation, et analysent les reactions des consommateurs. C’est aussi pour cette raison que les managers ont perdu de l’importance. (Managers d’ailleurs appelés “mentors” chez Ozvision).

Teamwork : Toujours concernant les équipes, elles sont presque autonomes. Elles ont leur propre KPI, stratégie etc. Les employés n’ont pas d’horaires, choisissent leurs dates de vacances.

L’ambition du leader : nous avons particulièrement apprécié l’ambition de Ryo et son équipe. Contrairement à l’autre entreprise japonaise que nous avons visité et qui préférait voir l’avenir au jour le jour, eux sont convaincus qu’ils veulent s’exporter à l’international.

“En grimpant le Mont Fuji, on apprend. En grimpant l’Everest, on apprend beaucoup plus.” Telle est la vision de Ryo, qui même s’il échoue à l’international aura appris énormément de l’experience. C’est donc une question de temps avant de voir Ozvision sur vos écrans..

IMG_3089IMG_3162

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s