Uber, la success story à 60 milliards de dollars

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Uber en bref : Créée en 2009, la start-up est présente dans plus de 310 villes, et est valorisée aux dernières nouvelles à 62 milliards de dollars. Des chiffres qui décoiffent, et qui nous avaient donné envie d’en apprendre plus !  Nous nous sommes alors rendus dans leurs locaux, au centre de San Francisco, pour combler notre curiosité…

Les ingrédients de sa réussite

  • Un leader inspirant et solidissime.

Travis, à SF, il est connu comme le loup blanc. D’ailleurs c’est simple, dans la Silicon Valley, il est surnommé « The Wolf » (en référence à Pulp Fiction, ndlr).

D’abord serial entrepreneur, il était devenu investisseur, jusqu’au début de l’aventure Uber, aujourd’hui loin de se terminer.

Il est donc connu pour être extrêmement dynamique, avoir des solutions à tout, mais aussi pour être disponible auprès de ses employés. Chacun le croise dans les couloirs, au self, à son bureau.

  • Des valeurs fortes (+ valeurs de la Silicon Valley)

Forcément, il y a les valeurs découlant du CEO et de sa vision. C’est un fonceur, il veut des fonceurs, des talents qui n’hésitent pas à faire entendre leur opinion, qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Il est également convaincu que c’est bon pour l’innovation, pour faire avancer les débats. Dans un meeting, il est fréquent ici qu’un employé confronte directement son manager sur un sujet. Cela est autorisé et encouragé, à partir du moment où cela se fait dans le respect et que cela s’inscrit dans le cadre d’une pensée constructive !

De plus, les valeurs sont issues des débuts compliqués d’Uber, qui avait reçu une lettre interdisant son activité après seulement 2 semaines d’existence, pour se retrouver engluée dans des conflits légaux dans de nombreux pays ensuite, et encore actuellement. Cela, c’est sans compter les concurrents féroces auxquels ils font face : le très sérieux Lyft aux USA, la Chine d’où ils se sont retirés, Ola en Inde qui avait créé près de 100 000 faux comptes et passé plus de 400 000 commandes pour immédiatement les annuler, etc etc

Ils ont ainsi profité de cet environnement hostile pour se construire cette mentalité de battant, persévérant et ne négligeant rien.

  • Ambition et réplication du modèle

L’activité principale est le déplacement en voiture. Cependant, de nombreux autres services sont progressivement proposés ci et la : il y avait eu UberCopter dans le Sud de la France, nous avons testé UberMoto au Vietnam, UberPool est très utilisé aux USA (regroupement de plusieurs courses).

De plus, c’est surtout le fait de pouvoir profiter du réseau de chauffeurs pour effectuer n’importe qu’elle livraison qui semble la plus juteuse.

Exemple : UberEats, lancé en Janvier, fait un véritable carton et permet aux restaurateurs de proposer un service de livraison de repas sans développer leur propre flotte de véhicules.

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Photos interdites dans le reste des locaux, nous voici donc à l’accueil avec Florent
  • Un produit en constante évolution.

C’est probablement le plus gros point fort d’Uber aujourd’hui : ne jamais être satisfait, porter attention à chaque détail. Explication.

L’ampleur prise par l’entreprise fait que chaque mini variation de revenu ou de croissance aura une grosse répercussion, et est surveillée.

« Même si un ingénieur a un impact de 0,1% sur le produit ça vaut le coup de l’engager » nous expliquait Florent. « 0,1% c’est littéralement des millions de $ ».

En tant qu’entreprise real time, ils ont un SLA (ndlr : Service level agreement) de 99,99%. Ils ne peuvent être « down » qu’une minute par semaine maximum. Or, c’est ce dernier dixième de pourcentage qui est le plus dur à atteindre. Il est aussi dur à atteindre que les premiers 99%.

Enfin, l’attention au détail est poussée jusqu’au point qu’il y ait des centaines de versions différentes de l’application qui circulent dans le monde. Nous avons vérifié entre nous, plusieurs détails variaient. Chaque équipe compte d’ailleurs un Data analyst qui tire des conclusions sur les différentes versions, les tests, l’expérience des utilisateurs etc.

  • L’organisation en teams

L’organisation est structurée en petites équipes, de tailles variables, et composées de talents variés en termes de compétences et d’expérience, comme dans la plupart des entreprises visitées elles sont cross-functional.

Au sein de l’organisation, les schémas de carrière sont néanmoins fort structurés. L’employé sait que ses initiatives le conduiront à grandir dans l’entreprise :

Comme dans la plupart des entreprises que nous avons visitées, les congés sont illimités, mais les teams members ne doivent pas oublier qu’ils seront responsables pour leurs vacances prises si le travail fourni ne donne pas satisfaction.

  • La transparence maîtrisée

Chez Uber, la transparence est de mise : Objectifs des uns et des autres,rentabilité, finances de l’entreprise… Chaque employé peut avoir accès à ces données à travers un set de dashboards.

Les levées de fonds, en revanche, restent confidentielles. En effet, il semble que cette confidentialité empêche les employés de les considérer comme des victoires, des fins en soi, alors qu’elles ne constituent uniquement des moyens de « construire un service ayant un impact positif sur les villes et les gens qui y vivent.

Uber est une de ces entreprises qui re-façonnent le monde en permettant à ses usagers de répondre à leurs besoins de manières plus efficaces que les services la précédaient…

Encore merci à Florent Crivello, ici depuis 1 an et demi et également l’un de administrateurs de la communauté while42, pour nous avoir partagé son expérience et fait visité l’entreprise !!

 

2 thoughts on “Uber, la success story à 60 milliards de dollars

  1. Ludovic Fourlinnie

    Merci pour avoir soulevé un petit coin de cette météorite !
    Vous dites que “chaque équipe compte d’ailleurs un Data analyst qui tire des conclusions sur les différentes versions, les tests, l’expérience des utilisateurs etc.”. Question : comment est organisé le partage des best practises au sein de l’entreprise, notamment sur cette partie “versions” ?

    Ludovic

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  2. francoisbaroudeur

    Bonjour Ludovic!

    Il semblerait qu’il y ait un code de l’application “tronc” et que chaque codeur puisse partir de cette version pour développer ses propres features. Ainsi, chaque équipe a sa branche en hors ligne qu’ils raccordent ensuite avec le “tronc” principal. Par la suite chaque équipe peut repartir du tronc ou d’une “branche” pour continuer à développer le code.
    Et ainsi de suite. A la fin, lorsque les features seront intégrées dans l’application de base, ils seront dans le tronc, et donc chaque développeur se devra de les prendre en compte lorsque le processus recommencera!

    Ainsi, chaque version de l’appli que nous avons proviennent de “branches différentes” mais qui convergent toutes vers une version commune jusqu’à ce que des nouvelles fonctionnalités apparaissent!

    Et cela permet aux codeurs d’adopter les nouvelles lignes de leurs collaborateurs continuellement!

    De plus, lorsque les développeurs s’approprient une partie du code pour le faire évoluer, ils savent quelle est la dernière personne a avoir travaillé dessus. Ainsi, il est facile de rentrer en contact avec son prédécesseur pour avoir des précisions, conseils… C’est le knowlege sharing de l’entreprise qui rentre alors en jeu 🙂

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