Gozoop : une entreprise heureuse est une entreprise rentable

     Fraichement arrivés sous le climat suffoquant dubaïote nous partons ce matin en direction de Business Bay. Lieu emblématique de la dynamique émirienne nous nous dirigeons vers la Regal Tower située à Happiness Street. Coïncidence ? On ne l’espère pas. Hissés au 24ème étage nous entrons dans les locaux de Gozoop.

     Gozoop est une entreprise indienne spécialisée dans le marketing digital, François et Léo, Baroudeurs 2016, avaient visité son siège à Mumbai. De belles découvertes avaient été mises en lumière, vous pourrez les trouver ici. Il nous semblait intéressant de voir comment Gozoop avait adapté ces innovations managériales à la culture dubaïote. Dushyant, un des cofondateurs nous a accueilli avec joie.

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     Nous entrons dans un openspace où une vingtaine de salariés travaillent. Les lieux ne sont pas incroyables, Tenant & Partner n’est pas encore passé par là, tout semble assez neuf, l’entreprise vient tout juste d’emménager. Nous cherchons à comprendre les raisons qui ont poussé Gozoop à s’installer à Dubaï. Dushyant nous confie qu’il est né à Dubaï avant de partir en Inde. C’est pourquoi, en 2011 il revient sur sa terre natale pour « tester le marché ». Ses débuts ont été laborieux, les rendez-vous se faisaient aussi rares que la pluie, mais Gozoop a rapidement réussi à trouver sa place. Maintenant qu’il est installé, il trouve néanmoins le climat des affaires moins rude qu’en Inde.

     Une vingtaine de personnes travaillent ici et trente salariés en Inde participent à l’aventure émirienne, en tant que back-office. Dushyant nous apprend que 40% des habitants de Dubaï sont indiens, l’entreprise indienne s’inscrit donc dans un cadre qui ne lui est pas totalement étranger. La loyauté est une notion qui arrive très rapidement dans la conversation. Les salariés de Gozoop sont, pour la plupart, ici depuis très longtemps. Cette loyauté contraste avec le climat volatile de Dubaï où les gens viennent pour « faire de l’argent » puis repartent. Autre valeur primordiale chez Gozoop : le respect. Pour le fondateur, un manager doit acquérir le respect de son équipe en s’investissant le plus possible. Il se doit avant tout d’être un mentor. D’ailleurs, le manager a pour mission de vérifier que les membres de son équipe sont heureux car le « business c’est ça, être heureux, l’argent arrivera après » affirme notre hôte. Ainsi, la culture d’entreprise est une composante majeure de la performance économique de Gozoop. C’est pourquoi, quelques semaines avant notre venue, l’entreprise a engagé une Chief Happiness Officer, qui, en plus de ses fonctions RH, veille au bien-être des employés et organise une fois par mois une sortie/activité surprise ainsi qu’un déjeuner avec tous les employés. C’est alors l’occasion de discuter de ce qu’il faut améliorer au sein de l’entreprise. De même que Gozoop Inde, il arrive fréquemment que l’entreprise rembourse les hobbies de ses employés. Nous ressentons cet esprit Gozoop lorsque nous parlons à Yamini ; une employée passionnée embauchée par Gozoop il y a peu. Elle se réjouit du climat de sécurité et de confiance qui règne au sein de l’entreprise, cela lui permet de partager ses idées et de s’épanouir dans son travail.

     Récemment, Gozoop s’est illustrée en prenant, avec une autre entreprise indienne, une mesure pour les femmes travaillant au sein de l’entreprise. A l’écoute des demandes de leurs employés, ces entreprises ont décidé de proposer un « menstrual leave » à toutes leurs collaboratrices. Ainsi, si elles ne se sentent pas bien, elles peuvent prendre un jour de congé payé pour le premier jour de leurs règles. Si l’annonce sur les réseaux sociaux de cette mesure a provoqué de vives réactions, aussi bien pour que contre, il n’en fut pas de même chez Gozoop. Cette mesure semblait tout à fait naturelle pour Dushyant qui nous explique qu’il est normal de ne pas venir au travail lorsqu’on ne se sent pas bien. Quant aux employés masculins, ils ne se sont pas sentis lésés par cette mesure mais plutôt concernés par le bien-être de leurs collègues. Depuis, les femmes n’hésitent pas à utiliser ce jour de congé lorsqu’elles en ressentent le besoin pour rester chez elles et travailler, ou non. Alors qu’en France ce sujet reste un tabou, il est intéressant de voir que dans un pays loin d’être reconnu pour ses mesures en faveur des femmes, une entreprise n’hésite pas à prendre les devants et à améliorer le quotidien de ses employés.

     Indéniablement, ce qui nous a le plus marqué chez Gozoop est la proximité que Dushyant entretient avec ses employés. Nous avons compris à quel point la relation de confiance était forte lorsque notre hôte nous a expliqué qu’une fois par mois, il proposait à ses employés de les aider à gérer leurs dépenses. En effet, plusieurs employés sont venus le voir en lui avouant qu’ils avaient parfois des difficultés à gérer leur budget. Afin de les aider à le gérer Dushyant, riche de deux ans d’expérience chez JP Morgan, fixe avec chaque employé qui le souhaite un planning indicatif de répartition des dépenses et des économies mensuelles à faire. L’alimentation, la santé, l’éducation, les vacances : tout est détaillé et planifié. Il encourage aussi les Gozoopers à voyager afin d’accroitre leur ouverture d’esprit et leur créativité, deux facteurs important pour ces métiers créatifs. Cet aspect nous a particulièrement interpellé, il semble assez étrange pour un employé d’aller voir son patron ou manager pour lui demander comment dépenser ou gérer son argent à titre personnel. Chez Gozoop, ils font cela tous les mois. Attention toutefois à ce que l’entreprise et ses employés ne deviennent pas dépendants de leur patron très présent.

   Après avoir collecté ces riches informations, il est temps pour nous de repartir. Avant cela, nous procédons à la photo souvenir qui nourrira notre twitter. Dushyant appelle alors tous les employés, nous nous réunissons dans leur salle de repos offrant une vue fantastique sur Business Bay, et ‘Zoop, c’est dans la boite.

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